Science 4 All #1: Les Bactériophages

Les antibiotiques, c’est pas automatique.

Allez, ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu cette phrase quand même?? Bon, vous l’aurez compris, dans ce premier Science 4 All, on va parler de médecine et plus précisément des bactéries et bactériophages.

Qu’est-ce qu’une bactérie?

Pour commencer cet article, je vais d’abord vous parler des bactéries et de leurs effets sur notre organisme.

La bactérie

Le terme “bactérie” est le nom facile pour désigner des organismes unicellulaires sans noyau. Ça ressemble plus ou moins à ça:

Image de 2 bactéries sous le domaine publique.

Deux Klebsiella pneumoniae en plein “combat” avec un globule blanc.

Il existe cependant des bactéries pluricellulaires. Elles peuvent vivre dans n’importe quel endroit, allant même parfois jusqu’à vivre dans des déchets radioactifs[1]. Flippant non? Et c’est pas fini ! Elle peuvent même survivre dans l’espace et en ressortent encore plus virulentes[2] !

Effets sur le corps humain

Bon, maintenant qu’on sait à peu près ce qu’est une bactérie, entrons dans le vif du sujet et parlons des différents effets sur le corps humains (pas que néfastes d’ailleurs). Et oui, pas que néfastes, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Dans la réalité, la majorité des bactéries ne sont pas dangereuses pour notre santé, en effet, seules une minorité le font, causant des infections, des allergies, etc… [3]

Un bon exemple pour illustrer cela est le microbiote intestinal humain. On l’appelle aussi le “deuxième cerveau”. On appelle ainsi l’ensemble des bactéries qui sont présentes au sein de notre système digestif. Très important, il occupe des fonctions telle que la stimulation du système immunitaire[4]. Il évolue avec l’alimentation et il a été observé que certaines populations avec des microbiote très riches étaient immunisées contre certaines maladies<span class=”hint–top-right hint–error hint–large” aria-label=”Ici je fais référence aux “Hadzas”. Source: Price M (2017) Early human gut bacteria may have cycled with the season
“>[5]
.

De plus, certaines études montrent que ça irait plus loin que cela, le microbiote intestinal communiquerait avec le cerveau et influencerait notre alimentation. Par exemple, en mangeant beaucoup de tofu (go vegan o/), on favorise la prolifération des bactéries se “nourrissant” de tofus et elles vous inciteraient à manger plus de tofu.

Mais si on s’en tenait à ces bactéries là, il n’y aurait pas de problème, seulement, d’autres sont extrêmement dangereuses et peuvent causer de graves pathologies comme la tuberculose, causée par le bacille de Koch (Mycobacterium tuberculosis).

Un nouveau problème: l’antibiorésistance

Le principal moyen de luttes qu’on a contre les bactéries est le traitement antibiotique. Un antibiotique est une substance qui détruit (bactéricide) ou stoppe la croissance des bactéries (antibiotique bactériostatique). Découvert par accident par Alexender Fleming pendant qu’il nettoyait son laboratoire, la péniciline et le tout premier antibiotique et a permis de complètement changer la vie de millions d’êtres humains. Passant de “mort dès une petite coupure” à “oh, une infection bactériologique? Pas grave, go prendre des antibiotiques !”. C’est l’avènement de l’ère des antibiotiques.

Péniciline
Moisissure du genre Penicilium Notatum.

Tout allait bien jusqu’à récemment. L’abus d’antibiotique a conduit à l’évolution des bactéries devenues maintenant antibiorésistante. Un nouveau genre de bactéries, les SuperBugs existent dorénavant et tuent à elles seules au moins 23.000 personnes chaque année aux Etats-Unis.

La faute à qui? La prescription d’antiobiotiques pour des infections virales, le non respect des prescriptions ou encore l’usage d’antibiotiques dans les exploitations animales.[6] Jusque là, on avait des antibiotiques dont l’usage était très réglementé afin d’éviter la création de bactéries supra résistantes (comme la Colistin) et qui étaient encore efficace. Du moins c’est ce que l’on pensait, en 2015 il a été découvert une résistance à la Colistin (due à son utilisation non réglementée dans les fermes à cochons chinoise).

Présentation de notre nouveau héros: les phages !

Illustration de la structure d'un phage

Tout ceci nous amène à une nouvelle partie très intéressante de mon exposé: les bactériophages, aussi appelés les phages. Ces espèces de petits virus ressemblant plus à des espèces de petits robots bizarres avec une tête en forme d’isocaèdre et des petites fibres leur servant de “pattes”, les phages sont un type de virus bien utile qui n’affectent que les bactéries. Les phages s’accrochent aux bactéries grâce à leur crochets, puis injectent leur code génétique via un mouvement assez étrange de leur corps au sein du cytoplasme de la bactérie.

Une fois infectée par un phage, il arrive à la bactérie ce qui arriverait à n’importe quel virus. Les capacités de la bactéries sont monopolisées afin de créer nécessaire à la conception de nouveaux phages. Quand la bactérie est saturée, les phages libèrent une substance qui s’occupent de former des trous dans la paroi de la bactérie puis, tout les nouveaux phages se libèrent, faisant exploser la bactérie, ce qui lui est fatal.

Notre dernière ligne de défense?

Pour cette dernière partie, je vous laisse sur cette excellente vidéo de “Kurzgesagt” (sous-titres français disponibles) qui explique très bien le sujet.

Et voilà, c’est tout pour ce premier article, publié malheureusement un peu en retard. A plus pour un prochain épisode !


  1. 1.Article scientifique en anglais: http://aem.asm.org/content/70/7/4230
  2. 2.News en anglais: https://news.nationalgeographic.com/news/2007/09/070924-space-bacteria.html
  3. 3.Source: http://www.inrs.fr/risques/biologiques/effets-sante.html
  4. 4.Source: http://www.nature.com/nri/journal/v4/n6/abs/nri1373.html
  5. 5.Ici je fais référence aux "Hadzas". Source: Price M (2017) Early human gut bacteria may have cycled with the season
  6. 6.Utilisés afin de réduire les coûts de production des bactéries.